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Baumgarten fut l'un des philosophes allemands les plus marquants de son temps. La Métaphysique, dont nous publions la première traduction intégrale, est l'un des foyers de cette influence – par delà l'esthétique pour laquelle Baumgarten est habituellement cité. Quelques questions à Luc Langlois, qui a présenté le volume.

On cite souvent la Métaphysique de Baumgarten, voire Baumgarten en général, comme l’une des influences les plus importantes de Kant. Comment s’est exercée cette influence ?

D’abord par les manuels de Baumgarten, dont Kant s’est servi durant plusieurs décennies de ses activités d’enseignement. On peut en citer deux (tous deux publiés chez Vrin) : la Métaphysique, dont le rayonnement au XVIIIe siècle dans les universités allemandes fut tel que l’ouvrage a pour ainsi dire éclipsé les lourds traités de métaphysique de Christian Wolff, impraticables pour l’enseignement, et ensuite les Principes de la philosophie pratique première, qui fut le principal ouvrage de référence de Kant dans son enseignement en philosophie morale. Mais au-delà de cette utilité pédagogique, les manuels de Baumgarten vont aussi avoir leur importance pour le développement de la réflexion de Kant, notamment de sa pensée morale, puisque dans ses Principes de la philosophie pratique première, Baumgarten expose une théorie de l’obligation morale qui va considérablement influencer la conception kantienne de l’impératif catégorique.

Comment s’organise le traité qu’est la Métaphysique ? Selon quelle logique est-il rédigé ?

L’ouvrage de Baumgarten est organisé selon une architectonique qu’on pourrait qualifier d’exemplaire, puisqu’elle expose, bien plus nettement que dans les écrits de Wolff et de Leibniz, ce qui sera le programme théorique de la métaphysique dans sa réception rationaliste aux XVIIe et XVIIIe siècles, lequel va s’articuler à partir de la division entre métaphysique générale et métaphysique spéciale. La première se conçoit comme une ontologie rationnelle présentant les concepts généraux de l’être, alors que la seconde se déploie dans une psychologie, dans une cosmologie et dans une théologie rationnelle, traitant des trois objets spéciaux de la métaphysique (l’âme, le monde pris comme totalité, Dieu).
Kant sera tellement marqué par cette architectonique du livre de Baumgarten, qu’il la reprendra presque telle quelle dans la Logique transcendantale de la Critique de la raison pure, en vue d’organiser sa propre critique de la métaphysique. En effet, l’Analytique transcendantale sera présentée par lui comme le nouveau nom – plus modeste – de l’ontologie, en tant qu’elle expose les conditions de possibilité de l’expérience et des phénomènes pour nous ; sur cette base, la Dialectique transcendantale reprendra le plan de la métaphysique spéciale, pour montrer principalement que les prétentions spéculatives de la psychologie, de la cosmologie et de la théologie rationnelle sont démesurées et intenables. En ce sens, la Métaphysique de Baumgarten représente le document clef et testamentaire de ce que Kant appelle la métaphysique dogmatique, qu’il oppose à sa propre entreprise critique.

Baumgarten était à la fois un piétiste et un rationaliste. Comment est-il parvenu dans son œuvre à concilier sa foi et son rationalisme ?

Baumgarten eut en effet une éducation piétiste et son enfance est marquée par ce courant. Sous l’influence de son frère aîné, Siegmund Jacob, il s’est très tôt donné comme mission d’aplanir les divisions entre philosophes et théologiens, et ceci dans le contexte très tendu de l’Université de Halle, qui fut à la fois un haut lieu du rationalisme – c’est là qu’enseignait Christian Wolff avant son expulsion en 1723 – et du piétisme. Il va donc s’agir pour lui de montrer, contre le courant piétiste mais sans franche rupture avec celui-ci, que les voies de la connaissance rationnelle et de la foi sont complémentaires. Il est d’ailleurs significatif que dans les tout derniers paragraphes de la Métaphysique consacrés à la théologie, Baumgarten s’emploie à réconcilier les plans de la raison et de la révélation, comme s’il s’agissait de la véritable conclusion de la sagesse.
On peut cependant se demander si Baumgarten a cru lui-même avoir réalisé son pari. C’est que les récits qui nous ont été transmis des derniers jours de sa vie, alors qu’il était accablé par la maladie, nous donnent plutôt l’image d’un homme désabusé, qui a répudié la science pour s’en remettre uniquement à sa foi dans le Christ. Un philosophe comme Mendelssohn fut heurté par les derniers propos tenus par celui qu’on considérait alors comme le plus grand professeur de métaphysique en Allemagne et ne pouvait pas concevoir que la vie de Baumgarten se soit terminée dans la misologie et le renoncement à la raison. Cela donnera lieu à toute une polémique qui va relancer, dans le sillage de l’Aufklärung, l’épineuse et récurrente question du rapport entre religion et raison.

S’il est vrai que son influence ne s’est pas exercée uniquement sur Kant, quelle place Baumgarten a-t-il acquise dans la philosophie, à son époque et par la suite ?

Si la postérité a surtout retenu de Baumgarten sa contribution à la discipline philosophique de l’Esthétique, dont on peut considérer qu’il en est le fondateur (il est d’ailleurs dommage que les deux tomes de son Aesthetica, 1750-1758, n’aient toujours pas été intégralement traduits et édités en français), de son vivant, c’est à ses activités de Professeur que Baumgarten doit sa grande renommée. Tous, Kant le premier, lui reconnaissaient un don profond pour l’analyse, la décomposition et la présentation des concepts. Son ami, collaborateur et biographe Meier estime par ailleurs qu’à travers son enseignement universitaire et la diffusion de ses manuels, Baumgarten a contribué à former quelques milliers d’étudiants – parmi lesquels certains des meilleurs esprits de son temps : Herder, Lessing, Maimon, Mendelssohn, Tetens, Winckelmann, etc.– ce qui est un nombre faramineux pour l’époque !
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