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Après plus de vingt ans de travail, la réédition du tome premier des Leçons sur l'histoire de la philosophie de Hegel a abouti. Quelques questions sur ce nouveau texte et les réponses de Julien Farges, qui présente la nouvelle édition.




Le présent ouvrage est une nouvelle édition du texte de Hegel, indisponible depuis des années : en quoi consiste au juste sa nouveauté ?


Contrairement aux tomes 2 et 3 des Leçons sur l’histoire de la philosophie, réimprimés en 2007, le premier tome connaît en effet une nouvelle édition, puisqu’il a pu bénéficier de la part de son traducteur, Pierre Garniron, d’un travail approfondi de relecture et de correction, malheureusement interrompu par son décès en août 2007. Par rapport à la précédente édition, de 1971, on peut relever deux nouveautés essentielles.
La première concerne la traduction. Soucieux d’harmoniser la qualité de la traduction de ce premier volume avec celle des derniers tomes de la série (édités en 1985 pour l’avant-dernier et en 1991 pour le dernier), P. Garniron a revu l’intégralité du texte, en faisant porter l’essentiel de ses corrections sur la traduction de la conceptualité hégélienne, cette conceptualité spéculative fréquemment convoquée dans ces Leçons et par laquelle la philosophie hégélienne se rend elle-même intelligible dans l’acte même par lequel elle se met au service du dévoilement de l’intelligibilité des philosophies passées.
Le deuxième apport, qui signale de façon plus visible la nouveauté de cette édition, concerne l’appareil de notes qui accompagnent la traduction. Aux notes de Hegel lui-même et à celles de K. L. Michelet, l’éditeur de ces Leçons, Garniron a ajouté une série de commentaires destinés à présenter le plus précisément possible les textes auxquels se réfère Hegel, à identifier systématiquement les sources auxquelles il puise, et, enfin, à suggérer des mises en perspectives, que ce soit avec des références complémentaires ou avec tel ou tel développement de la philosophie hégélienne elle-même. Sans fournir un commentaire philosophique de l’ouvrage, ces compléments du traducteur, placés en fin de volume, visent à fournir au lecteur qui le souhaite les moyens d’entrer de façon plus approfondie dans la substance du dialogue que Hegel noue, au fil des pages, avec la tradition philosophique.


Comment le texte de ces Leçons sur l’histoire de la philosophie a-t-il été constitué ? Peut-on affirmer que Hegel l’aurait approuvé ?


La genèse du texte de ces Leçons est, de fait, assez complexe – ce qui est peut-être le lot de tous ces ouvrages constitués à partir de notes, qu’il s’agisse de celles de l’auteur lui-même ou de celles de ses auditeurs.
Comme le rappelle l’éditeur K. L. Michelet dans son avant-propos, ces Leçons furent peut-être celles que Hegel a le plus souvent données (9 semestres leur furent consacrés entre 1805 et 1831), et deux types de sources étaient disponibles pour tirer un livre de ces enseignements oraux : un cahier rédigé par Hegel lui-même pour la première exposition de ces Leçons, durant le semestre d’hiver 1805-1806 à Iéna ; à cette première source s’ajoutent les cahiers de notes de divers auditeurs des séminaires des années 1820, dont le cahier de l’éditeur lui-même. Le travail de ce dernier a donc consisté à croiser ces deux types de sources, à les conforter les unes par les autres. Dans le cas des notes de bas de page, il s’est agi pour lui de compléter le travail de Hegel en identifiant des références implicites ou en précisant des allusions. Si le texte qui en résulte n’est donc assurément celui d’aucune des Leçons en particulier, peut-on dire pour autant qu’il est celui de chacune d’elles et que la reconstruction qu’il présente est intégralement satisfaisante ?
Quelques défauts du travail de Michelet ont certes été relevés à l’occasion par les éditeurs postérieurs des œuvres complètes de Hegel, qu’on peut rappeler rapidement : outre la tendance à une systématisation excessive, à un formalisme appauvrissant ce qui devait être la parole vive de Hegel, on peut regretter que l’assemblage de Michelet ne permette pas de distinguer ce qui vient directement de Hegel de ce qui est tiré des notes de ses auditeurs. Car non seulement certains exposés peuvent avoir été détachés de leur contexte d’exposition originel, mais surtout, il est impossible de savoir quelles étaient les variantes des traductions hégéliennes des textes grecs cités dans ces Leçons, ni les raisons pour lesquelles certaines ont été finalement préférées.
Cela dit, comme le précise cette fois le traducteur lui-même dans son avant-propos, le fait que Michelet n’ait pas introduit une seule ligne de son cru et sa longue fréquentation de l’enseignement de Hegel plaident en faveur de sa reconstruction et garantissent au lecteur contemporain que la substance de l’ouvrage est indubitablement hégélienne, à défaut d’avoir été prononcée par Hegel lui-même en l’état.


Que nous apprend ce premier tome des Leçons sur l’histoire de la philosophie sur la vision que Hegel avait de la philosophie grecque ?


D’une certaine manière, l’Introduction de ce premier tome dit tout : les Grecs sont les premiers à avoir fait de leur monde leur patrie, et, ce faisant, ils ont pour ainsi dire conduit l’esprit chez soi ; la philosophie se déploie donc en Grèce comme l’être-chez-soi de l’esprit. Et si la Grèce est en ce sens la patrie de l’esprit, la philosophie, qu’elle soit celle des Grecs ou la nôtre, est toujours chez soi quand elle est chez eux.
Cela dit, la philosophie n’apparaît pas d’emblée dans sa figure la plus concrète, et l’intérêt de Hegel se porte avant tout sur la façon dont elle conquiert progressivement sa propre concrétude. À cet égard, l’essentiel, dans la séquence présocratique du premier tome, est le mouvement par lequel la pensée de l’essence ou du principe se libère progressivement de l’emprise de la matière au profit de déterminations purement spirituelles. Ainsi l’école pythagoricienne, posant le nombre comme l’essence, libère-t-elle l’absolu d’une détermination simplement naturelle (eau, feu, etc.). L’école éléatique, en la figure de Zénon, apparaît quant à elle comme le moment où la pensée adopte pour elle-même le mouvement du concept ; c’est la naissance de la dialectique, qui n’est d’abord que dialectique objective. Si Héraclite libère cette dialectique de ce qu’elle pouvait avoir de formel en l’intériorisant davantage, c’est à Anaxagore, comme le soulignera encore Hegel dans ses Leçons de philosophie de l’histoire, qu’il revient de faire de l’esprit comme tel le principe immanent d’intelligibilité du monde, selon une loi de développement interne et purement spirituelle.
Soulignons enfin que dans la mesure où ils font de la spéculation l’aspiration secrète de toute l’histoire de la philosophie, ces développements ne sont pas étrangers à la façon dont la pensée hégélienne se détermine elle-même. On verra ainsi que l'enchaînement historique des philosophies (par exemple celui qui conduit des Éléates à Héraclite) n'est jamais sans renvoyer à l'une ou l'autre articulation spéculative de la Science de la Logique, dont elle vient préciser les enjeux. Mais ces Leçons peuvent également éclaircir la façon dont la philosophie hégélienne se comprend par opposition aux figures de la spéculation dont elle était contemporaine. Ainsi l’objection selon laquelle la façon dont l’école pythagoricienne étend l’unité et ses combinaisons fondamentales (la dyade, la triade, la tétrade, etc.) à tous les domaines du réel relève d’une application extérieure et analogique d’un principe simplement formel –, cette objection ne peut pas ne pas être rapprochée de celle que Hegel adresse à la philosophie de Schelling dans la Préface de la Phénoménologie de l’esprit. Peut-on aller jusqu’à parler d’un pythagorisme de Schelling ? Ces exemples confirment en tout cas, si besoin était, que la signification philosophique de ces Leçons n'est pas indépendante des problèmes et des enjeux qui traversent les grands ouvrages fondamentaux publiés par Hegel.
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